lsi Beller propose en effet de reprendre, étape par étape, les différentes phases de cette fameuse période audio-phonatoire. A la suite de ce travail, l'enfant pourra aborder l'apprentissage de la lecture de manière beaucoup plus aisée.

De façon originale, le Docteur Beller a aussi tenu compte des problèmes socio-relationnels et interpersonnels auxquels sont confrontés les enfants dyslexiques. En effet, certaines difficultés de l'enfant proviennent de son refus de s'exposer à ce qu'il ressent comme un échec. Avec la rééducation sémiophonique, le thérapeute a la possibilité de se situer en position tangentielle plutôt que centrale par rapport à son patient: seul avec son micro-casque, dispositif facilement accepté par les enfants et adolescents aujourd'hui, le dyslexique a l'impression d'être acteur de son traitement et non de le subir.

SEMIOPHONIE

La rééducation sémiophonique est née des travaux de recherche du Docteur lsi Beller concernant les enfants atteints de "dyslexie", à savoir, selon les auteurs, 5 à 10 % de la population scolaire.

La méthode sémiophonique permet de rééduquer en profondeur la dyslexie en construisant les automatismes élémentaires du langage et en instaurant une bonne "conscience phonologique". Pour ce faire, le logopède-sémiophoniste utilise le "lexiphone".

Au début de sa vie, et même pendant la gestation, le bébé entend des sons et réagit aux traits spécifiques de la voix maternelle (hauteur, volume, accentuation, timbre, ...). Il ne comprend pas le sens des mots mais en perçoit la musicalité. Très vite, il découvre et joue avec sa voix. Il se rend compte, peu à peu, que ses productions vocales provoquent des réactions dans son entourage et apprend à s'en servir. Parallèlement, il comprend que certains sons, dans ce monde sonore dans lequel il baigne, ont un sens. Il y a cependant au départ un net décalage entre ce qui est compris et ce qui est produit par le bébé. Petit à petit, ce décalage va se combler.

Les mots utilisés sont d'abord imprécis. En babillant et en vocalisant, d'une part l'enfant maîtrise le signifiant du mot simple (ex. : maman, papa) puis du double-mot (ex.: maman bobo), d'autre part il affine, par tout un travail phonétique, la distinction entre les sons proches tels "ch-j", "f-v", "b/p", "an-on", ... Il s'agit de l'étape audio-phonatoire. Ces bases se consolident dans les alentours de trois ou quatre ans.

Pour une raison ou une autre, l'enfant dyslexique n'a pas achevé ce travail audio-phonatoire et n'a donc pas développé complètement la structure cérébrale correspondante. Que se passe-t-il alors? Il comprend bien le contexte dans lequel le mot est utilisé, mais il n'en a pas le sens précis. C'est ainsi qu'il va faire la différence entre "bobo" et "dodo" par le contexte, mais sans faire la distinction entre "b" et "d". Il va continuer à développer son langage.

On pourrait dire qu'il apprend à parler de façon globale.alors que la signification précise des mots lui échappe, du moins partiellement. Arrive alors l'apprentissage de la lecture, qui requiert la capacité à établir des distinctions entre les éléments phonétiques. Or nous avons vu que l'enfant dyslexique n'a pas développé la structure cérébrale nécessaire, et il ne peut revenir en arrière pour l'acquérir.

Par conséquent, il bute sur les éléments phonétiques, d'où les inversions, omissions, ajouts, substitutions constatés lors du bilan logopédique. Il range par exemple dans la même section les phonèmes "t" et "d" ou encore "p" et "b", ... Les mécanismes compensatoires qu'il a mis en œuvre pour le langage oral ne lui sont plus d'aucune utilité car il s'agit maintenant souvent d'éléments phonétiques devant être utilisés hors contexte.

Le Docteur Beller a mis au point dans le cadre de la sémiophonie deux grandes stratégies de rééducation : le "son paramétrique" et l'"alternance" (segmentation). Ces procédés permettent le passage par une phase de "désémantisation" du langage.

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